vendredi 12 octobre 2007

Décompte de Zab Maboungou à l’Agora de la danse, la critique

Fusion clinique

Entre la théâtrale Ölelés de la semaine dernière et la très formelle Décompte présentée actuellement à l’Agora, quel contraste !

Zab Maboungou - 31.2 ko
Zab Maboungou
Photo : Cindy Diane Rhéault

Cette semaine, à l’Agora de la danse, on passait véritablement du coq à l’âne. Il y a quelques jours à peine, on y présentait une œuvre de danse-théâtre et maintenant on y livre une création dont le mouvement est le leitmotiv premier.

J’avoue avoir été surpris par Décompte de Zab Maboungou. La dernière création à laquelle j’ai assisté, de cette chorégraphe qui fusionne danses africaine et contemporaine, m’avait un peu déçu. La fusion des genres dans cette pièce de groupe, Monzongi, n’était pas des plus réussies. Le côté africain était nettement prédominant.

Il en va tout autrement avec Décompte. La fusion des genres y est parfaitement réussie. L’amalgame presque clinique des gestiques occidentale et africaine conçues par Maboungou est au service de lignes claires, d’une précision concise et sans faille. La chorégraphe qui interprète son solo, livre au public une performance égale au brio du phrasé de sa création.

L’œuvre est en trois parties. En amorce de la pièce, Maboungou est seule sur scène. Ce premier solo nous est livré sans trame sonore, sans aucune musique. Le ton est donné à la soirée, c’est le mouvement et son interprétation qui primeront pendant tout le spectacle. J’ai pris plaisir aux petits détails chorégraphiques qui, durant ce court solo, habillaient son phrasé.

En seconde partie, Maboungou quitte la scène et laisse la place à deux musiciens, un percussionniste (tambour africain) et un violoncelliste, deux instruments qui sont rarement associés mais qui, dans le contexte, sont appropriés car ils font écho à la fusion chorégraphique de Décompte.

Après cet interlude musical, Maboungou revient sur scène pour la dernière partie de la soirée. Cette fois-ci, elle est accompagnée des musiciens. Les deux premiers tableaux n’étaient que des hors-d’œuvre ; ils avaient pour fonction de nous préparer à comprendre la finale de la soirée. Ayant bien assimilé la leçon, le spectateur peut alors tout simplement se laisser porter par l’œuvre, au gré de ses états émotifs. Apprécier le phrasé, sans devoir le disséquer intellectuellement.

Ce solo n’est pas bien long non plus. Il dure le temps nécessaire, ni plus ni moins. En tout, la soirée dure à peine plus de quarante-cinq minutes. C’est un peu court, direz-vous ? Pas du tout ! C’est parfait. Mieux vaut une chorégraphe qui sait s’arrêter quand il est temps plutôt qu’une autre qui étire son travail simplement dans le but respecter un format quelconque.

À voir pour qui aime les démonstrations formelles.

François Dufort courriel

L’Agora de la danse présente :
Décompte
Chorégraphe : Zab Maboungou / Compagnie de danse Nyata Nyata
Du 10 au 13 octobre 20h
Studio de l’Agora de la danse
840 Rue Cherrier, métro Sherbrooke
(514) 525-1500

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ISSN 1705-5083